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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 08:50

http://editions.louvre.fr/uploads/tx_cemlbooks/Le_Ciel_audessus_du_Louvre_vignette.jpg

 

C’est l’histoire d’un tableau, au temps de la Révolution française. Celle du portrait de l’Etre suprême, commandé par Robespierre à David. Un tableau qui ne sera jamais peint. C’est aussi l’histoire d’une autre œuvre, que le peintre laissera inachevée : le portrait de Bara un jeune éphèbe de 13 ans, martyr de la République. De l’inauguration du musée du Louvre à la fête de l’Etre suprême, août 1793 à la mort de Robespierre, c’est aussi l évocation, écrite et dessiné en vingt « tableaux » urgents, eux aussi inachevés, d’un face à face entre deux acteurs majeure d’une Révolution trop pressée. Jean-Claude Carrière avait déjà abordé le sujet de la Terreur sous la Révolution dans le film Danton de Wajda. Pourtant, son regard, confronté à celui de Bernard Yslaire, renouvelle le sujet. Robespierre apparait à la fois éclairé et perdu, tandis que David accomplit son destin : celui d’un peintre tiraillé entre engagement politique et ambition artistique. Le Ciel au-dessus du Louvre est une plongée fascinante dans la Révolution française sous l’angle, inédit, de sa représentation, au sein même d’un atelier d’artiste.


Ma critique : http://pownaruto.p.o.pic.centerblog.net/93ueotfl.pnghttp://pownaruto.p.o.pic.centerblog.net/93ueotfl.pnghttp://pownaruto.p.o.pic.centerblog.net/93ueotfl.pnghttp://pownaruto.p.o.pic.centerblog.net/93ueotfl.pnghttp://pownaruto.p.o.pic.centerblog.net/93ueotfl.png


Le profane que je suis n’est pas du genre à aller au musée de peur de se retrouver ridicule et de ne rien comprendre à la richesse d’une œuvre.

Heureusement, il y a la BD qui peut être une magnifique passerelle au monde de l’art et avec cette très belle bande dessinée très proche du roman graphique, c’est un véritable tremplin.

Les premières pages nous donnent une interprétation du  tableau « la mort de Marat » de David et delà se glisse le culte du martyr : véritable venin qui se distillera tout le long de cette sombre période qu’est la Terreur.

L’histoire confronte deux intelligences, deux caractères, deux visionnaires en les personnes de Robespierre et de David  qui vont se perdre lors d’une quête d’un idéal. On peut même évoquer une double quête : celle de représenter un martyr du nom de Bara, mort pour cette nouvelle république et l’autre d’édifier le portrait de l’Etre suprême.

Tandis que David envisage de rassembler ces deux projets en un seul, Robespierre tient à les distinguer à tout prix. Le scénario est un véritable travail d’orfèvre sur la constitution et la fabrication d’un mythe avec une mise en abyme vertigineuse. Moi, qui suit amateur d’iconisations, de légendes, de mythes, cette bande dessinée est mon Graal absolu, tout est dit est surtout bien dit.

L’histoire française a souvent était faite ainsi, le besoin de légende. Après la défaite contre la Prusse en 1870, le mythe de Vercingétorix est : la tombe du soldat inconnu pour la première Guerre Mondiale ou encore tout récemment en 2007, avec la mise en avant du jeune résistant Guy Moquet  sous le gouvernement Sarkozy.

Ce qui parcourt cette histoire c’est aussi son ironie noire, voir macabre. La République décide de s’émanciper de la culture judéo chrétienne, en retirantpar exemple pas mal d’œuvre à caractère religieux dans le but de remettre des œuvres républicaines mais dont le fond est intrinsèquement lié à ce même caractère religieux : mourir pour un idéal

Cette ironie va même tendre dans le fantastique de façon magistrale avec une muse qui est en fait un androgyne, Jules Sterne, qui annoncera lui-même la danse macabre qui va suivre par un « ma mère, elle tue tout le monde. Toi aussi elle te tuera citoyen Ropespierre ».

Cette partie de l’histoire trouvera son aboutissement dans l’ultime défi à Dieu : ramener le mort à la vie alors que l’œuvre du martyr est dans le sens inverse : de la vie au trépas afin de l’immortaliser, ce qui n’est pas sans rappeler un certain Frankenstein dans la dernière scène de modèle entre Jules et David.

Existe-t-il une meilleure façon de montrer une œuvre inachevée et maudite qui bafoue pas mal de valeurs morales ???? On termine alors sur l’ironie ultime autour de l’œuvre censée représenter l’être Suprême, qui est un tour de force de haute volée, qui met KO tout lecteur.


Jamais une BD d’auteur ne m’avait autant touché émotionnellement mais surtout intellectuellement : une référence à tout jamais sur la symbolique.

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